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«A LA CANTORAD» Quelle Société Souhaiteriez-vous ? (2/4) BIOETHIQUE et pertinence du début à la fin de vie. - FIV, GPA, contraception, avortement, don d'organe, transplantation, acharnement thérapeutique, euthanasie, soins paliatifs,...

Mercredi 12 Avril 2017

Cette deuxième chronique consacrée à la Bioéthique continue à définir ses champs d'application à travers l'histoire de cette "discipline" que nous relatons brièvement. Puis nous commencerons à aborder les aspects bioéthiques liés à la reproduction humaine.
A la fin du texte synthétique accompagnant cette rubrique, nous proposons une bibliographie générale pour approfondir le sujet.


Notre invité: G. PRIOU, médecin, chirurgien, gynécologue, spécialiste de la fertilité
Notre invité: G. PRIOU, médecin, chirurgien, gynécologue, spécialiste de la fertilité

Le mot bioéthique (bioethics) a été proposé en 1970 par le biologiste américain Potter (Bridge to the Future, 1971) Celui-ci, cependant, dans la pensée de Potter n'est autre que la Biosphère  tout entière, à laquelle l'homme est relié interactionnellement par son statut d'être vivant (Global Bioethics, 1988). En interdépendance avec les écosystèmes planétaires, l'être humain doit par conséquent  adapter ses conduites et en conséquence, se donner des règles éthiques précises axées sur le respect de l'homme et de la nature.
Très vite, en liaison notamment avec les débats de société concernant l'avortement, l'euthanasie, la relation médecin-patient, la notion de bioéthique va ensuite se confondre avec les enjeux médicaux qu'elle recouvre et, dès les années 1980 aux États-Unis, elle va donner naissance à une discipline autonome.
Nous ne traiterons dans ces chroniques que la Bioéthique appliquée à la vie et la santé humaine. Mais gardons à l’esprit que le champ  de la bioéthique va au-delà et est bien plus vaste.

Droit et bioéthique :
 Le Code de Nuremberg  (1947) est un code déontologique composé de dix règles sur l'expérimentation humaine dont 1) le consentement des personnes ; 2) l'expérimentation doit être nécessaire ; 3) on doit évaluer la proportionnalité entre les risques pour le patient et le bénéfice pour la science ; 4) le but de l'expérimentation doit être scientifique. C'est à ce titre que les médecins nazis ont été condamnés, le tribunal jugeant qu'en vertu de la dignité de la personne , le principe de non-rétroactivité de la loi ne s'appliquait pas.
Le Congrès de l'Association médicale d'Helsinki en 1964, puis la Conférence internationale de Manille de 1981, s'inspirant des travaux de Nuremberg, ont émis des déclarations internationales sur l'expérimentation. À la suite de Nuremberg et Manille, les pays vont peu à peu encadrer les expérimentations de recherches cliniques.
En France, il faut attendre la loi du 20 décembre 1988  pour que soit réglementée l'expérimentation humaine, qui se limite à celle effectuée sur des sujets  consentants. La loi pose le principe général de la non-rémunération des expérimentations. Par la suite, la loi du 29 juillet 1994  sur le corps humain, le don et l'utilisation des éléments et produits du corps humain, a posé les bases du droit actuel en matière de bioéthique, en particulier le principe de la  non-patrimonialité du corps humain, qui interdit par exemple la vente d'organes, n'autorisant que le don. Avec la loi du 6 août 2004  modifiant celles de 1994, le terme de « bioéthique » apparaîtra pour la première fois en droit   français.
 
Histoire des lois de Bioéthique :
  L'historique des lois liées à la bioéthique en France comporte plusieurs dates importantes à ce jour, 1975,  1994,  2001,  2005. 2011, 2016: 
   . 1975/2001: Loi levant l’interdiction de l’avortement ( Simone Veil) En France, de par la loi du 4 juillet 2001, relative à la contraception et à l’IVG, qui a modernisé la loi Veil de 1975 une IVG peut être pratiquée jusqu’à la fin de la douzième semaine de grossesse, soit 14 semaines après le premier jour des dernières règles. L'entrave à l'IVG dans les limites définies, est un délit.
   . 2005: Loi Leonetti 2005 établit les points suivants : « L'obstination déraisonnable » du corps médical et la « prolongation artificielle de la vie » du patient (articles 1 et 9) ; relative aux droits des malades et à la fin de vie . 5 principes fondamentaux : 1) bénéficier de soins palliatifs ; 2) exercer sont droit à ne pas souffrir ; ne pas avoir à subir un acharnement thérapeutique ; 4) recourir aux directives anticipées ; 5) nommer une personne de confiance.
  Etc.
  Vous pouvez suivre la suite en écoutant le podcast de cette 2ème chronique ci-dessous.
Bibliographie
Philosophie :  . Discours sur la bioéthique : un débat philosophique, JP Changeux, 1995
                       . Bioéthique et philosophie, Corine Pelluchon, PUF, 2008
 livres specialement dédiés à la bioéthique Régis Aubry, Marie-Claude Dayde, Soins palliatifs, éthique et fin de vie, Paris, Lamarre, 2010 Tom L. Beauchamp et James F. Childress, Principles of Biomedical Ethics, Oxford, Oxford University Press (1979), 6e édition, 2009. Traduction fr. de M. Fischbach de l’édition de 2001 aux éditions Les Belles Lettres, 2008 Lazare Benaroyo, Éthique et responsabilité en médecine, Genève, Eds Médecine et Hygiène, 2006 Valérie Depadt-Sebag, et Benjamin Pitcho, Médecine et Droits de l’homme; Pratiques soignantes et recherche biomédicale. Textes fondamentaux depuis 1948, Paris, Vuibert, 2008. Geneviève Delaisi de Parseval, Suzanne Lallemand, L’art d’accommoder les bébés, Paris, O. Jacob, 2010 D. Foldschei (dir.), B. Feuillet-Le Mintier, J.-F. Mattei, Philosophie, éthique et droit de la médecine Paris, P.U.F., 1997 René Frydman, Myriam Szejer, Jean-Pierre Winter, Marie-Claire Busnel, Abandon sur ordonnance, Bayard, 2010 Marie Gaille, La valeur de la vie, Paris, Belles-Lettres, 2010 Valérie Gateau, Pour une philosophie du don d’organe, Paris, Vrin, 2010 Jérôme Goffette, Naissance de l’anthropotechnie. De la médecine au modelage de l’humain, Paris, Vrin, 2006 Emmanuel Hirsch (dir.), Jean-Claude Ameisen, Didier Sicard, Éthique, médecine et société, Paris, Vuibert, 2007 Gilbert Hottois, Qu’est-ce que la bioéthique ?, Paris, Vrin, 2004 Philippe Huneman, Métaphysique et biologie, Paris, Kim, 2008 Axel Kahn, L’ultime liberté ?, Paris, Plon, 2009 Peter Kemp, Le discours bioéthique, Paris, Cerf, 2004 Catherine Labrusse-Riou, Muriel Fabre-Magnan, Écrits de bioéthique, Paris, P.U.F., 2007 Paula La Marne, Éthiques de fin de vie, Paris, Ellipses, 1998 Paula La Marne, Vers une mort solidaire, Paris, P.U.F., 2004 Ruwen Ogien, La vie, la mort, l’État, Paris, Grasset, 2009 Corine Pelluchon, L’autonomie brisée, Bioéthique et philosophie, Paris, P.U.F., 2009 Corine Pelluchon, La raison du sensible. Entretiens autour de la bioéthiuqe, Perpignan, Artège, 2009 Bernard Reber, Claire Brossaud, Humanité numérique, Paris, Hermès-Lavoisier, 2007 Edwige Rude-Antoine, Geneviève Chrétien-Vernicos, Anthropologies et droits : états des savoirs et orientations contemporaines, Paris, Dalloz, 2009 Lucien Sève, Critique de la raison bioéthique, Paris, Odile Jacob, 1994 Lucien Sfez, La Santé parfaite, Paris, Le Seuil, 1995 Philippe Steiner, La transplantation d’organes. Un commerce nouveau entre les êtres humains, Paris, Gallimard, 2010 Patrick Verspieren, Face à celui qui meurt, Paris, Desclée de Brouwer, 1999 Rapports Rapport d’information, N° 1287, Assemblée nationale. Solidaires devant la fin de vie. Mission d’évaluation de la loi du 22 avril 2005, Jean Leonetti, 2 tomes, 2008 Rapport d’information, N° 2235, Assemblée nationale, Révision des lois de bioéthique. Favoriser le progrès médical. Respecter la dignité humaine. Alain Claeys, Jean Leonetti, 1 tome, 2010 
Enfin, nous vous rappelons que si vous souhaitez vous exprimer à l’antenne ou hors antenne, n’hésitez pas, vous pouvez nous contacter au 0299570620. Bernard et André.

0412_a_la_cantorad_02.mp3 0412-A la Cantorad 02.mp3  (22.68 Mo)



Bernard SAIAG




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