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Entre artisanat et psychologie équine: l'univers d'un maréchal-ferrant

Dimanche 28 Août 2016

Un vieux métier qui disparaît? Le métier de maréchal-ferrant est vieux, certes. En train de disparaître, certainement pas. Yohann Jupin exerce le métier depuis ses 15 ans.


Douceur et fermeté, un subtil équilibre

Les chevaux sont des animaux particulièrement sensibles. S'occuper d'eux demande des gestes doux et de se sentir soi-même plutôt calme.
On peut leur donner notre stress
Pourtant lorsque Yohann ou son apprenti leur enlèvent leurs anciens fers ou leur fixent les nouveaux, les gestes ont beau être précis ils sont très énergiques. Les chevaux qui ont l'habitude ont tendance à se laisser faire. En revanche pour les jeunes chevaux il faut faire particulièrement attention à la première fois! 
Ils ont une très bonne mémoire
Le maréchal-ferrant est formel: il est difficile de déconditionner un cheval qui a eu une mauvaise expérience. Il peut garder sa peur pour le reste de sa vie! Il est impératif de faire attention aux chevaux et de les prendre comme ils sont... Sans pour autant se laisser marcher sur les pieds!
Un peu comme des enfants 
Selon Yohann, il faut aussi savoir se faire respecter. On le sent assez vite quand le cheval essaie de tester les limites et il faut être ferme.

0426_chroniqueur_mardi_marechalferrant_1.mp3 Marechal-Férrant  (4.56 Mo)



Un travail minutieux

Des orthopédiques, en acier, industriels ou faits maison, fixés avec des clous ou avec de la colle...

Une grande diversité de "chaussures" pourront servir à chausser le cheval. Certains chevaux ont des foulures, d'autres se préparent à passer une vie tranquille au pré tandis que d'autres sont des athlètes. A chacun le fer qui correspond à son mode de vie et à sa morphologie. 

Le métier ne s'arrête pas à mettre des fers. Il faut que le cheval soit à l'aise dans ses nouveaux. Ainsi on le regarde marcher une fois que le travail est sensé être fini. 
J'essaie de mettre le moins de clous possibles
, indique Yohann Jupin. Mais il faut quand même que ce soit bien fixé, pour éviter que le pied du cheval bouge trop. 

Une équipe au poil

Le maréchal-ferrant, qui intervient surtout au niveau des clubs (moins des particuliers) ne travaille pas tout seul. Sans cela il ne pourrait ferrer entre 50 et 60 chevaux par semaine. 

On est 4

Accompagné de 2 apprentis et d'une stagiaire, Yohann Jupin intervient avec son entreprise Solea Ferrea dans le bassin rennais. Le jour ou nous sommes venus voir son travail (pour écouter le reportage, c'est le lien ci-dessous) ils étaient deux. L'apprenti s'occupait d'ôter les anciens fers aux chevaux et de faire les finitions sur les nouveaux fers. Le maréchal-ferrant faisait le reste: sélection des fers adéquats, travail du fer sur l'enclume après l'avoir chauffé dans la forge, fixage du nouveau fer sur le pied.

Entre grandes théories et réalité du terrain

L'utilité du métier de maréchal-ferrant est aujourd'hui parfois remis en question. Notamment par certains pareurs. Le parage consiste à ne pas mettre de fers aux chevaux et à laisser la corne du cheval se former elle-même. Certains chevaux auraient des problèmes à cause des fers.

Ce qui m'importe c'est que le cheval aille bien

Voici ce que répond le maréchal, diplomate.
Et il nous explique. Lorsque le cheval était à l'état sauvage, non domestiqué, effectivement la pousse de la corne se régulait toute seule. A l'état sauvage le cheval rencontre un terrain souvent plus varié, avec des cailloux qui viennent rogner doucement la corne. Le quotidien d'un cheval non domestique c'est surtout de manger, et il ne court pas pendant une longue période dans la journée.
En revanche lorsque l'homme a commencé à lui en demander plus que ce qu'il fait naturellement, le cheval a commencé à avoir besoin de chaussures. En outre, lorsque le cheval est maintenu dans un box sa corne devient plus molle et le protège moins bien lorsqu'il devra sortir. Les courses de chevaux en sont un bon exemple: le cheval va devoir fournir un gros effort. 

Devrait-on moins en demander aux chevaux? Il n'empêche que l'homme se sert du cheval pour les travaux des champs notamment, depuis des millénaires. Alors le parage, pourquoi pas, mais il faut rester vigilant.

Un métier en perte de vitesse?

Pas vraiment, mais Yohann Jupin le concède volontiers: ça a son lot d'usure physique. Mal de dos principalement, c'est la raison pour laquelle de nombreux maréchaux ne font pas ce métier toute leur vie. 
Il y a beaucoup de turnover
Parfois ils restent 10 ans, 15 ans et finissent par faire autre chose, car cela demande une bonne condition physique. Pour Yohann Jupin, ça va. Il est passionné:
J'adore ce métier et je vais bien pour le moment, je continuerai à exercer tant que je le pourrais et j'espère continuer jusqu'à la fin de ma vie.





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