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Une famille de réfugiés politiques cambodgienne en Ille-et-vilaine

Jeudi 24 Août 2017

A partir de 1976, des centaines de familles cambodgiennes sont arrivées en Ille et vilaine. Trouvant ainsi sécurité et protection politique, ces réfugiés politiques ont fui la dictature des Khmers rouges. Près de deux millions de cambodgiens ont été exécutés. Aujourd'hui, ils témoignent sur leurs conditions de vie éprouvantes durant le régime de Pol Pot. Rencontre avec l'une d'elles.


Le régime des Khmers rouges

Le 17 Avril 1975, la capitale tombe entre les mains des Khmers Rouges. Les forces communistes menées par Pol Pot triomphent. Pol Pot se fait alors appeler « frère numéro un ».

Il est le membre le plus important de l'Angkar, en khmer l’« Organisation révolutionnaire », l'organe suprême du gouvernement des Khmers rouges.

1975 devient l’Année zéro du régime Khmer Rouge. Dès leur prise de pouvoir, les Khmers Rouges soumettent le pays à la dictature et mettent en place un régime totalitaire dont l’une des premières actions est l’élimination de tous les individus liés au gouvernement précédent. Le régime s’en prend particulièrement à la population urbaine en les obligeant à travailler dans les campagnes, et en exécutant les intellectuels. Ils ont fait régner la terreur pendant quatre ans (jusqu'en 1979).

En Décembre 1978, les forces vietnamiennes envahissent le Cambodge. En Janvier 1979, elles prennent la capitale (Phnom Penh), mettant un terme au régime sanguinaire de Pol Pot. Le Vietnam retirera ses troupes en 1989.

 

0812_gts_vendredi_immigration_cambodgienne_en_ille_et_vilaine.mp3 Une famille de réfugiés politiques cambodgienne en Ille-et-vilaine  (18.26 Mo)



L'histoire d'une famille cambodgienne réfugiée en Ille et vilaine.

L'histoire de Monique et son mari Chhun-Léang est similaire à celles de beaucoup d'autres familles cambodgiennes fuyant le régime des Khmers rouges.

Monique et sa famille ont subi violemment le régime des Khmers rouges. Elle (enceinte de 7 mois) et son mari travaillent de force dans les rizières. Un travail difficile, épuisant éloigné de tout, subissant l'autorité des Khmers rouges toujours plus menaçante. La faim, l'épuisement, et la peur, jamais Monique et son mari n'ont perdu l'espoir de fuir cette dictature.

Arrivés en France en 1983, Monique, son mari et ses deux enfants (le deuxième fils de Monique, né dans un camps de réfugié au Vietnam) s'installent à Rennes dans un foyer appelé foyer Guy Houist.
Les premières années à Rennes sont difficiles. Ils doivent s'adapter à tout, la langue, la culture, les modes de vie, la nourriture... .
 Ils se sont installés à St Malo en 1984. Deux autres enfants sont venues agrandir la famille.
Aujourd'hui, Monique et son mari Chhun-Léang vivent toujours à St Malo entourés de leur quatre enfants.
Monique écrit des poèmes et témoigne de son histoire. Une forme d'exutoire, une façon d'extérioriser sa douleur et les années difficiles marquées par la peur, la privation et l'éloignement d'avec leurs proches. Les enfants de Monique sont sensibles à l'histoire de leur parents. Ils souhaitent à leur tour raconter à leurs futurs enfants le combat de leur parents, sans omettre de transmettre cette culture cambodgienne auquel ils y sont très attachés.

 

L'AKIV (association Khmers d'Ille et vilaine)

L'association Khmers d'Ille et vilaine créée en 1978 à Rennes, a accueillit les premiers réfugiés politiques cambodgiens.

Très vite, ces premiers ressortissants cambodgiens ont ressentit le besoin de se retrouver au sein d'un espace qui leurs étaient dédiés. Edmond Hervé alors maire de la ville de Rennes (1977 à 2008) s'est sentit très concerné par la situation de ces réfugiés cambodgiens. Il mit alors à leurs disposition un local afin de se rassembler mais aussi de se retrouver.
Plus de 300 familles cambodgiennes à partir de 1976, se sont installés principalement à Rennes. Ces familles ont trouvé le soutient nécessaire par l'intermédiaire de cette association. Les cambodgiens à leur arrivée, se sont heurtés à de grandes difficultés telles que la langue, mais aussi les modes de vie à la française... (la nourriture par exemple, beaucoup de Cambodgiens ne sachant ni lire et ni comprendre le français, n'ont pu lire les étiquettes et ainsi savoir ce qu'ils mangeaient...). Il en va de même pour les tenues vestimentaires. Le Cambodge bénéficie d'un climat tropical, les températures moyennes oscillent entre 25 et 34 °C. Arrivées en France, ils ont du s'adapter au climat tempéré .

Aujourd'hui, l'association AKIV   présidée par Louis Cagniart s'implique dans différentes actions. Elle continue de promouvoir la culture cambodgienne par le biais de rassemblements tel que le Nouvel an cambodgien en Avril, l'enseignement de l'écriture et le parler cambodgien, l'apprentissage des danses traditionnelles mais elle s'implique aussi dans cette notion de citoyenneté en partenariat avec la ville de Rennes. L'association participe à de nombreuses manifestations organisées par la ville de Rennes tel que la nuit des musées (intervention sur l'écriture cambodgienne). Mais également, participation aux rencontres citoyennes. Le but étant de parler des lois, des réformes, des élections en la présences de conseillers municipaux, de députés.

La nouvelle génération est sensible à la culture cambodgienne même si ils sont très imprégnés par la culture française. Toutefois, ils sont présents lors des rassemblements qu'ils soient culturels ou religieux.
Pour perdurer la tradition religieuse bouddhiste, la ville de Rennes a mis un disposition un centre culturel bouddhique. Créé en 2006, ce centre a pour but  de faire vivre et connaître la culture bouddhique. Mais également, développer les échanges Occident-Orient.
 

A découvrir

 Le film de Régis Wargnier intitulé "le temps des aveux". L'Histoire d'un jeune ethnologue français accusé d'espionnage pour le compte de la CIA. Rencontre entre ce jeune français et le Khmer rouge Douch (jugé et condamné à la prison a perpétuité en 2009, pour crime de guerre, crime contre l'humanité), alors jeune chef de camp. Un film bouleversant retraçant les conditions de détention des opposants au régime des Khmers rouges. Les sévices et la torture affligés à ses condamnés.

De nombreux films relatent l'univers des Khmers rouges et les dures conditions de vie des cambodgiens aux mains de ces tortionnaires tel que "La Déchirure" de Roland Joffé avec entre autre John Malkovitch. Mais aussi le film-documentaire "Le veilleur" de Céline Dréan.

L'association AKIV a également recueillit différents témoignages d'immigrés à Rennes, retrouvez le témoignage en intégralité de  Monique .
Un grand merci à Monique, son mari ainsi que ses enfants d'avoir relater une partie de leur histoire... .





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