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A Bruz, l’épicerie sociale ne juge pas les défavorisés

Mardi 5 Juillet 2011

Les bénéficiaires de l’aide alimentaire sont accueillis dans la dignité par l’épicerie sociale de Bruz. Nicolas Legrand s'est rendu sur place.


A Bruz, l’épicerie sociale ne juge pas les défavorisés
A l’épicerie sociale de Bruz, gérée par l’association « Les quatre saisons » et ouverte toute l’année, les personnes défavorisées bénéficient de l’aide alimentaire sans se faire juger. Pour les bénévoles, qui sont au nombre de 25, « beaucoup de préjugés sur les pauvres persistent en 2010 ». Selon une minorité, si quelqu’un est pauvre, c’est parce qu’il ne travaille pas et qu’il est fainéant. Pourtant, plusieurs bénéficiaires de l’épicerie sociale ont une situation, mais croulent sous les dettes. D’autres sont au chômage. Parmi ces personnes, on trouve notamment des anciens cadres. Pour Colette Notard, présidente de l’association « Les quatre saisons », avoir recours à l’aide alimentaire est encore plus difficile pour quelqu’un qui gagnait bien sa vie.

En 2010, huit millions de français vivent sous le seuil de pauvreté, soit 13% de la population. Pourtant, la pauvreté reste un tabou. Pour faire leurs courses dans l’épicerie sociale de Bruz, les bénéficiaires doivent passer par la porte de derrière afin de ne pas être vu. Contrairement à d’autres associations, les denrées ne sont ici pas gratuites. Les bénéficiaires doivent régler leurs achats à hauteur de 10 % du prix en magasin. Ils peuvent aussi acheter des produits ménagers. Pour Colette Notard, cette convivialité redonne un peu de dignité aux personnes défavorisées, et redonne de la normalité à leur vie. En payant leur nourriture, elles font « comme tout le monde ».

D’autres activités permettent de mieux intégrer les bénéficiaires dans la société. L’épicerie sociale de Bruz a entre autre établit un partenariat avec le Grand Logis. Ce centre culturel laisse un libre accès à ses spectacles aux personnes défavorisées. Un lien vers l’extérieur est ainsi recréé.

Les bénévoles de l’épicerie sociale suivent une formation pour pouvoir être à l’écoute de l’autre. Ils sont parfois confrontés à des situations difficiles. Le bénévole peut être dépassé par les problèmes du bénéficiaire. Il lui conseille alors d’aller voir un professionnel. Les problèmes sont quasiment tous liés à l’argent. Beaucoup de personnes défavorisées ont honte de leur pauvreté et préfèrent s’isoler car elles ont peur du regard des autres. Cela devient un cercle vicieux.

Jusqu’en 1980, les personnes défavorisées étaient surtout des retraités. Aujourd’hui, la pauvreté touche des personnes beaucoup plus jeunes. La majorité des bénéficiaires de l’épicerie sociale de Bruz ont entre 26 et 40 ans.

L’accès à l’épicerie est limité dans le temps. Pour Colette Notard, cette aide permet de donner un « coup de pouce » à une personne qui traverse une période difficile. Il y a des gens qui s’en sortent au bout de quelques mois et d’autres qui, malheureusement, doivent revenir.

epicerie_sociale___partie_1.mp3 Epicerie Sociale - partie 1.mp3  (9.69 Mo)

epicerie_sociale___partie_2.mp3 Epicerie Sociale - partie 2.mp3  (8.47 Mo)


Ronan Betton




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