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«A LA CANTORAD» Quelle Société Souhaiteriez-vous? (4/4) BIOETHIQUE et pertinence du début à la fin de vie. - FIV, GPA, contraception, avortement, don d'organe, transplantation, acharnement thérapeutique, euthanasie, soins paliatifs,...

Mercredi 26 Avril 2017

Cette dernière chronique aborde les aspects suivants: l'acharnement thérapeutique, les soins palliatifs, l'euthanasie active/passive, les directives anticipées, la sédation profonde et continue, le suicide assisté, etc. Nous parlons un peu de transhumanisme puis concluons sur l'avenir de la bioéthique médicale


Invité: Gérard Priou, chirurgien-gynécologue,spécialiste de la fertilité humaine
Invité: Gérard Priou, chirurgien-gynécologue,spécialiste de la fertilité humaine
Nous commencerons par quelques définitions: 

Euthanasie

L’euthanasie est une action ou une omission dont l’intention première vise la mort d’un malade pour supprimer la douleur. L’euthanasie est une mort imposée par opposition à la mort naturelle.

Acharnement thérapeutique

Poursuite d’un traitement lourd qui devient disproportionné par rapport au bien qu’en retire le patient. La loi dite Léonetti du 22 avril 2005 préfère parler d’obstination déraisonnable.

La distinction entre l’euthanasie et l’interruption de soins disproportionnés  est essentielle. "Le médecin n’a pas le droit de provoquer délibérément la mort" mais il doit "éviter toute obstination déraisonnable dans les investigations ou la thérapeutique" (art. 37 et 38 du code de déontologie médicale). Au lieu de maintenir un traitement qui a fait la preuve de son inefficacité, le médecin doit tout faire pour permettre au malade l’accès à des soins palliatifs. 

Soins palliatifs

Accompagner le malade et utiliser des antalgiques pour soulager la douleur, même si cela consiste à prendre des risques parfois mortels. Le but n’est pas ici de donner la mort au patient. L'utilisation de la sédation profonde peut présenter ce risque.

Euthanasie active/passive

La distinction entre euthanasie active et euthanasie passive n’a pas lieu d’être et fausse le débat. Soit il y a euthanasie par action ou omission (en injectant un produit létal ou en s'abstenant d’administrer un traitement utile), c’est-à-dire volonté de mettre un terme à la vie du patient, soit il y a volonté d’accompagner le patient en atténuant ses souffrances (en arrêtant l’acharnement thérapeutique pour passer aux soins palliatifs).

"Euthanasie d’exception"

Notion proposée par le Comité consultatif national d’éthique afin de permettre, dans certains cas exceptionnels, de provoquer la mort d’un malade (Rapport n°63, 27 janvier 2000). On se souvient que l’avortement ne devait être pratiqué dans les hôpitaux que pour répondre à une situation exceptionnelle, il remplace aujourd’hui souvent la contraception... Une telle dérive ne saurait épargner l’euthanasie dans une société où la longévité s’accroît avec ses souffrances et ses multiples dépendances. L’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) milite aujourd’hui, avec Marie Humbert, pour une loi en faveur de cette "exception d’euthanasie". 
A la suite de l’affaire Chantal Sebire décédée, dont on avait refusé l’euthanasie, la loi Léonetti a été considérée insuffisante. 
Plusieurs rapports et avis ont été rendus dont le rapport Sicard, le rapport Claeys-Léonetti, l’avis du CCNE (Comité Consultatif National d’Ethique), lesquels ont souhaité renforcer les insuffisances existantes concernant la fin de vie et le renforcement des soins palliatifs.
   LOI LEONETTI / CLAEYS
 Loi « Leonetti Claeys » n° 2016-87 du 2 février 2016 parue au JO n° 0028 du 3 février 2016 créant de nouveaux droits pour les personnes malades en fin de vie
Les progrès de la médecine ont également cette contrepartie : le prolongement de la vie des malades à un âge avancé ou après un accident grave posent des questions éthiques : comment respecter la dignité des personnes qui arrivent au terme de leur vie? 
  
Contenu de la nouvelle loi du 2 février 2016 
     Elle précise et renforce les dispositions qui existaient auparavant.
    On y trouve:
              . Le droit au refus de l'obstination déraisonnable 
                 Inspiré par l’affaire Vincent Lambert et la décision du Conseil d’Etat du 24 juin 2014, le législateur a affirmé que la nutrition et l'hydratation artificielles sont des traitements susceptibles d'être arrêtés au titre du refus de l’obstination déraisonnable (art. L. 1110-5-1, al. 2). 
             .  Le droit au refus de soins exprimé par le patient 
L’article L. 1111-4 modifié consacre le droit au refus de soins du malade en faisant disparaître l’obligation pour le médecin de tout mettre en oeuvre pour convaincre son patient d'accepter les soins indispensables. Désormais, le médecin doit respecter la volonté exprimée par le patient après l’avoir simplement informé des conséquences et de la gravité de son choix. 
            . Le droit à l’apaisement de la souffrance 
Le nouvel article L. 1110-5-3 consacre solennellement le droit à l’apaisement de la souffrance du patient qui consiste en un droit de recevoir des traitements et des soins qui garantissent le meilleur apaisement possible de la souffrance, et ce même s'ils peuvent avoir comme effet d’abréger la vie.
           . Les directives anticipées 
L’article L. 1111-11 relatif aux directives anticipées comporte un certain nombre de modifications dans le sens d’une meilleure prise en compte de l’anticipation de la volonté du malade en fin de vie. Ces directives anticipées expriment la volonté (et non plus simplement les souhaits) de la personne malade concernant sa fin de vie. Toute personne majeure peut en rédiger pour le cas où elle serait un jour hors d'état d'exprimer sa volonté.
  Le médecin pourra se détacher des directives en cas d'urgence vitale afin d’avoir un temps suffisant pour évaluer la situation médicale ou lorsque les directives anticipées apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale. Le cas échéant, le refus du médecin d’appliquer les directives anticipées du patient est pris à l’issue d’une procédure collégiale et inscrit au dossier médical. La personne de confiance ou à défaut la famille ou les proches, sont informés de la volonté du malade en fin de vie
        . La personne de confiance 
Le respect de la volonté du patient en fin de vie est également affirmé dans une nouvelle disposition relative à la personne de confiance, l’article L. 1111-6. Toute personne majeure peut désigner une personne de confiance qui sera consultée au cas où elle serait hors d’état d’exprimer sa volonté. Le rôle de la personne de confiance s’est renforcé : désormais, son témoignage prévaut sur tout autre témoignage de la famille ou des proches. Il est précisé que la désignation de la personne de confiance est cosignée par cette dernière. Cette désignation est aujourd’hui non plus seulement révocable, mais également révisable à tout moment .
      . Le droit à une sédation profonde et continue jusqu’au décès 
Assurément, l’évolution la plus significative de la loi réside dans la consécration d’un nouveau droit à une sédation profonde et continue jusqu’au décès à l’article L. 1110-5-2 avec pour objectif d’éviter la souffrance du patient et l’obstination déraisonnable
   Concernant le patient hors d'état d'exprimer sa volonté, la loi nouvelle autorise le médecin à mettre en oeuvre la sédation profonde afin d’éviter toute souffrance lorsqu’au titre du refus de l’obstination déraisonnable, il décide d’interrompre les traitements de maintien en vie. 
 Pour conclure sur ces aspects de fin de vie, nous dirons que  la loi nouvelle s’inscrit dans la recherche d’un équilibre  et qu'elle constitue une avancée vers plus d’humanité concernant les patients en fin de vie.
En conclusion générale, Gérard Priou nous dit que l'avenir de la bioéthique est "tout tracé" par les réalités du futur. Les sciences médicales, biologiques et techniques vont apporter, sans cesse,  de nouveaux acquis qui, forcément, amèneront à résoudre de nouveaux problèmes liés à la bioéthique médicale! 
  
 Vous pouvez suivre la suite de ce propos en écoutant le podcast de cette 4ème chronique dont le lien est ci-dessous.

 . Enfin, nous vous rappelons que si vous souhaitez vous exprimer à l’antenne ou hors antenne, n’hésitez pas, vous pouvez nous contacter au 0299570620. Bernard et André.

0426_a_la_cantorad_04.mp3 0426-A la Cantorad 04.mp3  (25.47 Mo)



Bernard SAIAG




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