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Je suis bizarre. Je ne peux causer sans analyser tout ce qu’il se passe autour des mots

Mercredi 1 Juin 2022



Je suis bizarre. Je ne peux causer sans analyser tout ce qu’il se passe autour des mots

 

s2_ep_133___je_suis_bizarre__je_ne_peux_causer_sans_analyser_tout_ce_qu_il_se_passe_autour_des_mots___chronique_du_01_06_2022.mp3 S2 EP 133 – Je suis bizarre. Je ne peux causer sans analyser tout ce qu’il se passe autour des mots – Chronique du 01_06_2022.mp3  (2.68 Mo)



Je suis bizarre. Je ne peux pas être plongé pleinement dans une conversation sans analyser tout ce qu’il se passe autour des mots. Il y a les gestes, les regards, les mimiques.
Forcément, lorsqu’on m’invite à « boire un coup », cela induit chez moi un coup de stress. J’anticipe tout ce qu’il va se passer tout en étant dans le doute complet du déroulement des choses.
En effet, je ne sais jamais comment me comporter dans ces cas-là. J’ai souvent peur des blancs. Du coup, je me mets à parler énormément. Je le sais bien, et donc une fois rentré, je suis épuisé.
Epuisé, mais aussi culpabilisé d’avoir finalement monopolisé la parole. Je parle trop parce que je ne sais plus parler. C’est bête et presque paradoxal.
La discussion est un art. Pourtant, je le maitrisais assez bien avant. C’est plus dur maintenant. Et puis, lorsque je me. Laisse être en retrait, je me mets à parler avec moi-même et à tout observer, relever, classer…
Je me souviens du moment où j’ai commencé à ne plus aller boire des verres avec des gens. C’était durant mes études. Je voulais rester concentré dans mon sujet.
A plusieurs reprises, on m’a proposé de boire un coup pour me détendre. S’ils avaient su tout ce que ca provoquait chez moi un simple verre entre pote… Peut-être qu’ils auraient mieux compris.
Et encore, cette bizarrerie d’introverti qui devient extraverti pour cacher sa maladresse, c’est encore plus maladroit. Mais c’est comme ça.
Maintenant, j’ai tellement perdu l’habitude, que cela m’angoisse plus encore. D’un autre point de vue, j’ai rempli ma vie avec ma solitude. Je n’ai donc plus tellement le temps pour cela. Je préfère « produire » des choses, comme ces textes par exemple.
Alors, oui. Je manque des choses. Je manque surement le cœur de la vie, la société et les amis. Toutefois, j’ai souvent été déçu et blessé, sans même que ça ait été volontaire. En un sens, je me préserve donc.
J’assume. J’assume ma bizarrerie. Je préfère les conversations en tête à tête sans trop de monde autour. Et puis on peut parler ouvertement dans ces cas-là.
On n’est pas dérangé par le regard des autres et on peut se plonger dans le regard de l’autre. Finalement, je préfère.
 

 



 

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Sylvain Delfau






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