Radio Laser - Ecoutez la proximité
.

Facebook
Twitter


Recherche




Rock - Des Riffs du Kiff n°376 - 1ère de la saison 9, en mode ROI ARTHUR & ROUTE DU ROCK

Mardi 17 Septembre 2019

Hé hé les loulous... On est ravis de vous retrouver pour cette nouvelle saison rock'n'roll sur nos ondes !!! C'est reparti pour un tour donc, et pour ce faire, on revient sur les festivals du ROI ARTHUR et de LA ROUTE DU ROCK 2019. D'ailleurs, il y a un petit report qui se cache plus bas dans cette page (merci à Delphine Leplatois pour sa contribution photographique)... Merci aussi aux trouvailles de Bernie et Pierrot, et merci aussi à Philippe PASCAL parti la semaine dernière, du groupe Marquis de Sade, hommage donc.


TRIGGERFINGER, au Roi Arthur 2019
TRIGGERFINGER, au Roi Arthur 2019
Playlist & podcast :

THE RUMPLED : Grace O'Malley
TSHEGUE : When I Walk
SKIP THE USE : People in the Shadow
TRIGGERFINGER : Man Down (live)
SUPREME NTM : Seine Saint-Denis Style
Emir KUSTURICA & The NO SMOKING ORCHESTRA : Unza Unza Style

FONTAINES DC : Big
The POTTERY : The Craft
IDLES : Danny Nedelko

ST MORRIS SINNER : BFBF
STEAL SHIT DO DRUGS : I Tickled Withiing Tennis
FOREST BOYS : Let Go
The BLACK KEYS : Eagle Bird
GRAND BLANC : Surprise Party
MARQUIS DE SADE : Airtight Cell

Contact émission : drifdukif1@orange.fr

FACEBOOK de l'émission : https://www.facebook.com/pages/Des-Riifs-du-Kiff/652214114788683//
drdk_376___ra___rte_du_rock_2019.mp3 DRDK 376 - RA + Rte du Rock 2019.mp3  (103.91 Mo)


DANAKIL...
DANAKIL...
REPORT ROI ARTHUR 2019 :

Cet été on a pas chômé. On a (re) découvert de belles choses, toujours aux frontières d’un rock au son seventies, avec une pointe de punk, de reggae, ou encore d’électro… En vrac, une crise existentielle nous a fait nous procurer Sandinista, album ô combien culte des Clash… on a remis le couvert avec les Idles, de nouveau en visite par chez nous… Notre guitariste héro made in France nous a interpellé avec sa Lettre Infinie… j’ai encore craqué sur un certain Beggars Banquet, avec toute la sympathie pour le démon qu’on me connaît… Bref… l’été a été chaud… Et il s’est fini en beauté, avec cette 10ème édition du Festival du Roi Arthur pour laquelle Radio Laser était partenaire, une fois de plus…

Cette année, le festival local bien de chez nous se déroulait comme toujours à la plaine du Mafeu de Bréal sous Montfort, les 23, 24 et 25 août. Comme souvent, je suis resté interrogateur quand j’ai découvert l’affiche du Roi Arthur : quelle identité éclectique… !
C’est clairement de plus en plus assumé chez les programmateurs de ce sympathique moment de retour de vacances aoutiennes. On va sur tous les registres : electro pop avant tout, mais aussi reggae, hip-hop, musiques du monde, et quand même (un peu) rock… Mais en général, le festival a toujours su me combler, tant pour son ambiance bon enfant festive que pour ses passages plus électriques et musclés… j’ai en mémoire les Craftmen Club, Lolito, Albatross, les Ukuleleboboys, The Inspector Cluzo, et j’en passe ! … Le Roi Arthur est à coup sûr une référence au niveau des festoches estivaux bretons. Et cette année, ils ont mis le paquet !!! Une affiche attractive apparemment, bien que certains noms m’aient laissé de marbre dans l’idée… The Avener, Angèle, Fakear, Jérémy Frérot, pour ne citer qu’eux… Mais aussi Suprême NTM (pour leur tournée d’adieux), Emir Kusturica & the No Smoking Orchestra, Skip the Use, ou encore Danakil… Bref, c’est avec un immense plaisir qu’on a pu couvrir l’évènement ! Et pour l’occasion, j’étais accompagné de Delphine Leplatois, pour une couverture photo de l’évènement.

Pour la première journée du vendredi 23 août, on retiendra les prestations énormesques des gaziers de Danakil, apôtres du reggae à la française, et bien sûr du duo mythique du Suprême NTM… Mais avant de vous raconter tout ça, il faut signaler de belles évolutions pour le festival : agrandissement de l’espace public, aménagements et décorations en mode tourets et chaises en bois à l’entrée (bel espace détente et de rendez-vous), pylônes décoratifs à l’esprit punk, sanitaires pour femmes en mode « debout », augmentation des stands de restauration et de buvettes… Dès le départ, on a ressenti une belle ambiance, tout en bonne humeur et en déconne… Il faut dire que la météo a eu aussi son petit effet, non négligeable, avec des températures quasi caniculaires et un ciel bien dégagé ! Pour cette première journée donc, 15000 festivaliers étaient au rendez-vous, et ça c’est un petit record dont les organisateurs peuvent être fiers !!!

Danakil a débuté sa prestation à 21h15. Ils sont onze sur scène : une section rythmique avec une basse (5 cordes quand même) et une batterie, des percussions, une lead guitare, une section cuivre avec sax / trompette / trombone, deux claviers, deux chants… On est ici sur un registre assez engagé, porté notamment par le phrasé si caractéristique du chanteur Guillaume Basile, alias Balik. Ca tchatche autour des politiques corrompus ou « langue de bois », de l’environnement et des questions climatiques, de la liberté de chacun, ou encore de notre système basé sur la consommation… D’ailleurs, le chanteur porte sur lui un T-shirt « Sos Méditerranée », ça donne le ton. Question musique, c’est ultra carré, la section rythmique est appuyée par les claviers et la gratte ; le groupe nous propose une flopée de mélodies des plus structurées… c’est joyeux, dansant, on est ici sur un reggae que j’ose qualifier de « roots »… Ca fait plaisir, et le public ne s’y trompe pas, il en redemande… certains festivaliers sont même impressionnants, il débitent au mot près les paroles de chacune des chansons. Bien vu au Roi Arthur que d’avoir misé sur la bande de Danakil. Excellente prestation en définitive !

Avant même la fin du set des Danakil, on a pu constater un mouvement de foule continu, mais tranquille… la scène Excalibur (la plus grosse) allait accueillir les Suprême NTM. Autant dire que le public présent était venu en priorité pour les dinosaures du hip-hop français… C’est aux alentours de 22h30 qu’on a pu entendre les premières « déflagrations » de samplers, qui allaient enchanter nos oreilles impatientes pendant près d’1h30… Pour le décor, on est dans le simple : 2 tables surélevées pour les DJs, un fond de scène « interactif », avec projection de vidéo, et surtout présence des initiales si reconnues : N, T, M… Il y a même le 9 et le 3… Ca envoie des éclairs électriques, la boîte à rythmes donne le tempo, et les deux monstres du rap apparaissent sur scène, en mode tenue décontractée, tout en mouvement… Kool Shen et Joey Starr, 100 ans à eux deux, vont nous envoyer un show dantesque et mémorable. C’est juste, la complicité entre les deux est bien visible, et ici aussi, le public répond plus que présent ! Les titres s’enchaînent : Seine Saint-Denis Style, Ma Benz, Laisse pas traîner ton fils, Passe passe le Oinj… Jusqu’au très attendu « Aiguisé comme une Lame », chanté en présence des Raggasonic, comme sur la version studio. S’ensuivra d’ailleurs une succession de « guests », avec Lord Kossity, Busta Flex, Zoxea (les Sages poètes de la Rue), Nathy, ou encore le collectif IV my People. Joey Starr nous a demandé de l’interaction pendant tout le set : vœu exaucé, la foule a chanté, dansé, et sur kiffé !

SUPREME NTM, quelle claque !!!
SUPREME NTM, quelle claque !!!

The RUMPLED
The RUMPLED
Deuxième journée de cette 10ème édition… La chaleur est montée d’un cran, et les gaziers de la sécurité des scènes ne s’y trompent pas, ils sont prêts à ouvrir les tuyaux d’arrosage prévus en devant de scène, j’imagine en cas d’incendie… On est prêts à attaquer cette deuxième journée, qui dans l’idée, sera l’occasion de nouvelles belles découvertes… Et du coup c’est parti, direction la scène Excalibur, avec les italiens de The Rumpled, et leur rock irish punk, avec quelques teintes de ska… Le groupe vient d’Italie donc, mais le registre est clairement irish… Il faut vraiment se concentrer sur l’accent du chanteur pour le comprendre, car effectivement, il y a quelques « r » qui sont roulés… The Rumpled sont 6 sur scène : un bassiste, un batteur, un gratteux (doté d’une barbe des plus fournies), une violoniste au sourire ravageur, un accordéoniste démantibulé, et donc un chanteur qui m’a parfois fait penser à Joe Cocker, dans son timbre de voix assez rauque… La recette fonctionne : les morceaux sont entraînants, certains festivaliers entament des danses irlandaises de façon spontanée… La performance du sextuor est juste excellente, ça rappelle les Pogues, ils communiquent bien avec le public, c’est vivant… J’avoue qu’on a eu chaud du coup…

On s’est vite rafraîchi lors du concert suivant, celui de Tshegue… Les gars de la sécu se sont fait plaisir en jouant à arroser le public, et franchement c’était bien vu. Tshegue donc. Une très belle découverte : dans un registre afro tribal electro punk, les 4 musiciens ont fait le job. Composition de groupe minimaliste, mais ça assure : Tshegue au chant donc, un bassiste qui s’adonne aussi aux claviers et au pad (percussions électroniques), un batteur, et un guitariste. Le son est très afro, mais ce qui m’a vraiment comblé, c’est ce côté décalé et très punk en même temps. L’énergie ressentie m’a fait penser à un délire du début des eighties, il y avait presque un côté B52s, au niveau du son en tout cas… Une découverte pour le coup surprenante ! le mélange des genres fonctionne ici à merveille, on en redemanderait presque, même si les temps de set sont millimétrés en termes de timing…

Allez, concert suivant, que j’attendais avec curiosité. Le Roi Arthur a eu la bonne idée de programmer Monsieur Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra. Début de concert où les zikos apparaissent costumés en guerilleros ou dictateurs mexicains… The No Smoking Orchestra c’est un mélange décapant de musique traditionnelle des balkans (en mode tsigane) et de blues rock… C’est aussi tout un univers qui nous rappelle la carrière de Kusturica au cinéma, en tant que réalisateur notamment… D’ailleurs, chaque morceau est présenté par le bonhomme comme si nous étions en cabaret, Emir nous emmène dans son univers fait de films de différents registres… A chaque fois, les zikos tapent les premières notes de « La Panthère Rose », pendant que ça cause avec le public… Puis ça part !!! et ça envoie, il faut imaginer 10 musiciens sur scène, avec les instrus type d’une formation rock, sans oublier les cuivres, le violon, l’accordéon… Unza Unza Time ! Et cerise sur le gâteau, le gars et sa bande décident de descendre de scène pour se balader littéralement dans la fosse, en mode déambulation au milieu du public… je peux vous assurer qu’à ce moment là, il y a eu de belles interactions avec le public… autre anecdote, et même clin d’œil : Monsieur Kusturica nous aura fait croire qu’ils reprendraient un Pink Floyd des famille, il a lancé les toutes premières notes de guitare de Shine on You Crazy Diamond, puis – c’était donc une blague – s’est ravisé pour nous proposer une nouvelle marche turco-balkanique des plus déjantées. Là aussi, gros moment !

Emir KUSTURICA & TNSO
Emir KUSTURICA & TNSO
Changement de registre… on a avancé dans la soirée, on a changé de scène aussi… Il est 23h passées, direction la scène Lancelot… On accède à cette zone avec plus de difficulté, le public est venu en masse profiter du rock bien incisif et musclé des Skip the Use. Une des références de la scène rock en France qui faisait son grand retour en concert… avant à priori un projet de nouvel album. Nouvelle composition de groupe, nouvel esprit (on les sent plein d’envie, à vouloir communier et communiquer avec les fans), peut-être même nouvelle énergie… ? Oui c’est sûr, ce groupe vaut vraiment le détour pendant leurs sets : c’est ultra carré et sec, dans le bon sens du terme, à décorner un rhinocéros… Pour dire que le son envoie vraiment, ici aussi, la section rythmique est parfaite, les lignes de gratte ravageuses… et quelle présence scénique de Mat Bastard !!! Le bonhomme est impressionnant d’energie, ça courre sur scène, ça saute, et ça cause entre les chansons… Sacré contact ! En définitive, les Skip the Use nous ont passé en revue la plupart de leurs tubes, et on ne s’en plaindra pas. Toujours sur un registre musclé, le groupe assène son rock brut et ses teintes d’électro, de funk, de punk, tout en proposant un discours toujours engagé, tant sur les sujets qui touchent à l’écologie, qu’aux questions de tolérance et de racisme. On notera quelques perfs de fin de concert : le groupe n’hésite pas à faire monter des enfants sur scène, directement du public, pour le titre « Ghost »… et puis clairement, ils ont de l’appétit, car j’ai vraiment eu l’impression qu’ils ne voulaient plus terminer leur set… Ouaaarrf. Bel esprit, et belle surprise aussi !

SKIP THE USE, et ouais !!!
SKIP THE USE, et ouais !!!
Garderais-je le meilleur pour la fin ? S’il y a bien une claque qu’on a prise sur cette édition, c’était lors du passage des belges de Triggerfinger. Alors là, c’était franchement bien vu de la part des programmateurs, voire osé… Surtout quand tu réalises qu’ils ont placés entre Angèle et The Avener… et donc en toute fin de festoche. A mon avis, il y en a plus d’un qui ont été surpris… Triggerfinger : le quatuor nous arrive de Belgique, et assène depuis des années maintenant un rock stoner à la fois mélodique et puissant. Les gaziers sont d’un classe, et ça ça joue sur le ressenti : leur musique est juste précise, et il y a une vraie dimension esthétique à ce qu’ils dégagent. Stoner rock, mais leurs sons sont aussi clairement orientés vers des passages très progressifs, voire psychédéliques… l’influence des seventies est bien présente. D’ailleurs, les bonhommes ont un vrai talent quand il s’agit de proposer des « covers » : ils sont capables de reprendre du Rihanna (Man Down) à leur sauce (et ça passe carrément), en y plaçant la fameuse descente / montée si caractéristique de la mélodie de Kashmir de Led Zeppelin… Chapeau !!! Pour la compo, c’est efficace : un bassiste chauve à lunettes de soleil des plus impressionnants physiquement, un batteur (Mario…) au talent certain avec un jeu à la John Bonham justement (le batteur de Led Zep), un guitariste super classe à costard, et enfin ce chanteur, capable aussi de prouesses guitaristiques enormissimes… Quelle énergie !!! On retiendra un morceau où les guitaristes troquent leurs grattes pour des basses, avec un résultat du feu de dieu… Ou encore un solo de batterie mené de mains de maître, par… les quatre bonhommes de la formation… Ca faisait bien longtemps qu’on n’avait pas pris un tel pied en concert, vraiment bravo à eux, et si vous ne les connaissez pas, n’hésitez plus, faîtes les curieux et surtout procurez-vous leurs sons !!!

TRIGGERFINGER. Ca ça envoie grave.
TRIGGERFINGER. Ca ça envoie grave.

Ce sont sur ces notes rock’n’roll que le festival du Roi Arthur 2019 s’est terminé pour nous. Au final, on retiendra de belles trouvailles musicales, une organisation fluide, des sourires par paquets (et notamment des bénévoles), une ambiance festive et sympa, un accueil presse des plus sympathiques, des aménagements physiques et dans les organisations par rapport aux années précédentes, une météo excellente… Bravo à l’association AFRA, et longue vie à elle. De ce que nous savons, leur bilan est excellent, ne serait-ce qu’au niveau des fréquentations (45000 festivaliers, record battu pour eux !).On se retrouve l’année prochaine, qui sait ?





Michaël Raguenez




Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 16 Octobre 2019 - 20:00 Blues Alley du 16 Octobre 2019