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Une affaire de Co-pain

Lundi 12 Septembre 2016

Les machines ont envahi tous les secteurs de la production et de l'artisanat. Certains irréductibles résistent encore et toujours à l'envahisseur ! Entre caisse collective et semences paysannes, le seigle l'épeautre et les graines de lin ont encore de beaux jours devant eux.


Un boulanger atypique

A mi-chemin entre Vannes et Rennes, aux confins du pays Gallo se trouve une petite commune : Quily. Elle abrite moins de 400 habitants, quelques menus commerces mais surtout un boulanger atypique. Voilà plus de trente ans que Daniel Testard s'est installé sur le versant nord de la colline de Quily. En suivant les pancartes "Copain Gallo-pain" on arrive à son fournil. Les odeurs de farine, de pain et d'épices flottent dans la pièce en bois. En face de l'entrée, les cases où le boulanger range le pain.

A gauche, la caisse. Pas de tiroir-caisse qui fasse un bruit quand on l'ouvre mais simplement un petit panier. Pour gagner du temps, Daniel a misé sur la confiance. Ses clients viennent prendre leur pain et y mettent l'argent. Ils se rendent la monnaie avec ce qui est déjà dans le panier.

A droite de l'entrée, le fournil. Le four rond qui fonctionne au bois uniquement se situe au fond. Au plafond, un hamac y est suspendu. Selon Daniel Testard,

Le hamac, c'est un symbole

Ses jours de travail sont le mardi et le vendredi. Et c'est tout. Par contre, il fait des journées de 15h. Selon lui, c'est cela la boulangerie. Il consacre ses autres jours de la semaine à son potager, aux diverses constructions sur son terrain etc. Le hamac, c'est un symbole de bien-être et de détente. Après son apprentissage, Daniel a décidé de sortir de ce mode de fonctionnement conventionnel.

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Les blés anciens : un univers connecté au terroir

Un tiers de la production de pain de Daniel est composée d'anciennes semences. Seigle ou épeautre, par exemple. Selon Véronique Chable, chercheuse à l'Inra de Rennes, ces espèces sont aussi ce qui définit la richesse d'une culture, et d'un terroir.

Le bémol, c'est que pour pouvoir vendre des espèces il faut que celles-ci soient inscrites au catalogue officiel des espèces et variétés. Les critères d'évaluation de ces semences définissent la teneur des tests qu'elles passeront. Parmi ces critères figurent le rendement et la stabilité des caractères. Or, comme le souligne Véronique Chable, pour des semences

Evoluer en adéquation avec les évolutions du sol, c'est un processus naturel


Ce qui veut dire que la stabilité nécessaire à son classement dans le catalogue ne correspond pas toujours à la réalité de la vie des végétaux. La chercheuse et fondatrice de l'association Triptolème souligne la dichotomie existant aujourd'hui entre deux façons opposées d'envisager la production d'une manière générale. Il existe d'un côté une normalisation avec des variétés modernes qui servent à une production de grande quantité. De l'autre les variétés paysannes sont plus diversifiées et se réadaptent en permanence. 

C'est proposer deux mondes différents: un monde normatif et un monde vivant

Les semences paysannes incarnent des valeurs de co-adaptation, de solidarité et de partage. Cela s'inscrit dans une vision du monde qui cherche à suivre au maximum le processus depuis la production jusqu'à la vente aux particuliers. En liant le goût au terroir.

Des modules de boulangerie avec Triptolème

Julie Bertrand, également adhérente à l'association Triptolème anime les modules proposés par l'association Triptolème depuis le début (soit depuis 10 ans). Paysanne boulangère elle accompagne les participants à construire leurs projets en proposant des modules d'une semaine deux fois par an. Ceux-ci rencontrent un franc succès et attirent autant de femmes que d'hommes, ainsi que des personnes de l'étranger tel que le Québec ou Israël. 
On aborde tous les aspects aussi bien de la semence, la meunerie ou la boulange
Les but est d'aller à la rencontre d'acteurs qui utilisent des outils différents, qui ont des statuts différents et qui ont des finalités différentes pour construire un projet qui correspond davantage à chacun, individuellement. Cela correspond à une nouvelle façon de voir le monde agricole.
La fin de la semaine c'est une fournée collective, ils se testent en condition réelle 
Ils peuvent partir avec une semence, du levain et l'objectif est d'encourager l'autonomie. 





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