24 Février 2023
Description de l'episode
Je suis de ceux qui s’enivrent en observant danser les bulles dans la coupe de champagne.
S’il m’arrive d’y tremper les lèvres, mon esprit se baigne avec bien plus de bonheur lorsqu’il est plongé à l’intérieur de ce spectacle.
L’ivresse de la contemplation est bien plus grande que celle offerte par l’alcool. Or, le poison est aussi plus fort.
Bien vite, on oubli le monde et peu après, on s’évanouit soi-même. On ne parle plus. On regarde.
Le brouhaha des discussions qui s’entremêlent et les verres qui s’entrechoquent ne fait qu’ajouter à cette perdition.
Comme il y a trop, alors il n’y a plus rien. On est alors aussi vide que la coupe reste pleine.
Les bouteilles se vident autour. Les rires sont plus forts. Les corps se rapprochent.
Cependant, ce n’est là qu’un arrière-plan à mon ivresse intérieure, à ma folie intime.
Je ne suis pas là. Je ne suis pas avec les autres. Je suis à moi, avec ces bulles qui discutent et s’entremêlent. Je les trouve belles.
Il y a plus d’intérêt à regarder des bulles qu’à les boire. Alors, quand on dit que je suis dans ma bulle, je n’y trouve pas tant un reproche. Même si je comprends que c’en est un.
Cependant, doit-on écouter la critique de ceux qui vident leur verre pour le remplir à nouveau sans même prendre le temps d’apprécier par les yeux, mais seulement par le gosier ?